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Rencontre FAS Genève et Romandie

Une fois de plus, Bunq'Inn accueille les deux sections de la FAS Genève et Romandie pour une présentation du travail de Master récompensé par le prix FAS avec la présence des deux architectes lauréats : Maud Abbé-Deccaroux et Aloys Mützenberg ainsi que les artistes autrices de l'oeuvre qui leur a été remise : Pauline Martinet & Zoé Texereau.

A la manière de la coupe de l'entrée de l'université Bocconi des Graftons architects à Milan, la vitrine de la librairie bunq'inn plonge au niveau inférieur sur un espace d'exposition public. Baigné par cette lumière zénithale, l'espace accueille le radeau des lauréats, maquette grandeur nature d'un outil développé pour leur voyage initiatique qui les fera passer du statut d'étudiant-e à architecte.

Pour les lauréats, un projet s'envisage, avant tout, de manière collective. C’est un radeau que l'on construit à plusieurs et que l'on teste entre amis, c'est un lieu d’échanges et d’expériementation, c’est un bar autour duquel on se retrouve le soir. Sortir des ateliers de l'école, aller vers le monde ; c'est un projet qui, par son orientation vers l'extérieur, s'ouvre à l'autre et appelle à toutes les collaborations possibles, se risque et assume la part non maîtrisable de la plus-value du hasard. L'aventure comme matière de projet.

Par sa fonction même, le radeau interpelle notre relation à l’environnement naturel ou construit ; l'eau est un territoire mouvant et intermédiaire. La berge est un espace limite, un lieu qui symbolise la relation que nous entretenons avec la nature. Construite, endiguée, cloisonnée, la sémantique de la berge se base sur une opposition permanente à la nature et ses possibles débordements, une lutte devant mener à son contrôle. Découverts le long du parcours, seuls quelques segments du Rhône y échappent, notament à la sortie de Genève. C’est paradoxalement les lieux les plus fertiles et dans lesquels l’expérience de la traversée est la plus enrichissante.

Le prix qui leur a été remis explore également les limites et la matière. Le duo d’artistes parisiennes Martinet & Texereau qui travaille habituellement à la mine de graphite sur papier, a produit en 2021 une série d’œuvres sur tissus intitulée « Quilts ». Si le thème est toujours lié à l’architecture, le travail est réalisé à l’aide de pièces de tissus de couleurs unies, cousues les unes aux autres à la manière d’un patchwork. Quand le graphite permet une infinité de nuances dans les tonalités de gris pour représenter les objets sous la lumière, l’emploi du tissu oblige les artistes à créer des limites nettes entre ombre et lumière. Mais là où les nuances du graphites figent la lumière et le temps sur le papier, le tissu des « Quilts » apporte une nouvelle dimension dans laquelle lumière et matière renouvellent à chaque instant la perception que l’on peut en avoir. L’œuvre s’en remet à la part aléatoire de la relation entre la matière et la lumière.

Du dessin à la matière, de la ligne à la berge, d’une nuance de gris aux coutures d’un tissu, la mise en parallèle des deux travaux ouvre la réflexion sur le processus du projet et sa part exploratoire.