Surpris et attristé par le départ rapide de Roland, un collègue, un ami et aussi un contemporain, cela nous rappelle certaines réalités et nous amène aussi à rembobiner le fil d’une vie.
De Roland, l’Architecte, sorti des bois de Choex sur Monthey, on peut relever l’amabilité, le sérieux et la constance dans son travail de bâtisseur et d’Humain.
Après ses études et stages il se présente au Valais en 1980 par son 3e prix au concours pour le bâtiment de police de Monthey : il y avait réussi le mariage délicat entre l’existant et les besoins nouveaux.
En 1989 la qualité de son travail est reconnue par le Prix H. et M. GASPOZ , je site : “ces constructions ont ceci de particulier qu’elles s’inscrivent dans la culture valaisanne, par leur forme et la mise en forme des matériaux tout en évitant un plagiat ou un mimétisme simpliste…elles comprennent les processus qui ont conduit aux solutions , dites traditionnelles, tout en demeurant créatives… La qualité essentielle de ses travaux réside dans la sobriété et portent le témoignage d’une grande culture respectueuse tant de la tradition que de notre génie contemporain.“
Au cours d’une vie professionnelle l’architecte crée et vit dans un contexte théorique et esthétique qui évolue. Après 40 années d’activité on constate qu’il a imperturbablement traversé les tendances architecturales : le brutalisme, le moderne, le post-moderne, le déconstructivisme, les néo… Lui s’est construit sa route et la suivie sans trop subir ces influences. Il y a un “style“ Roland Gay, en évolution réfléchie, jusqu’à son chef-d’œuvre : sa belle maison dans sa clairière de Choex.
Je souhaite aussi relever la qualité de ses relations avec ses maîtres d’ouvrage. Celles-ci ne sont pas toujours faciles car l’architecte voit son projet en dessinant ses plans, comme le musicien entend sa musique en lisant sa partition, tandis que son commanditaire ne voit que des traits sur du papier : des plans, des coupes mais n’en perçoit pas encore une réalité qu’il ne découvrira qu’en entrant dans sa maison. Il y a là une distorsion de perception qui peut créer des difficultés. Roland a publié un recueil de ses réalisations en y intégrant la vision de leurs propriétaires. En le parcourant et en lisant les propos de ces derniers on peut parler d’une belle “entente cordiale“.
Alors “au revoir“ Roland, un tout grand merci pour ton œuvre, elle témoigne de ta manière d’avoir été Architecte.
Bernard Attinger